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Five moments in a vishing call, a staged grandparent phone scam explained by Devolutions Defensive Security Coordinator David Grandolfo.

Cinq moments d’un appel d’hameçonnage vocal

L’hameçonnage vocal est une arnaque téléphonique qui ressemble à la voix d’un proche. Ce billet présente cinq moments d’un appel mis en scène, avec l’extrait audio, ce que fait chaque moment et les commentaires de David Grandolfo, coordonnateur en sécurité défensive.

Un courriel suspect peut attendre pendant que vous l’examinez. Un appel téléphonique, non. Quelqu’un parle déjà, l’histoire est déjà commencée, et la voix demande de l’aide. C’est ça, l’hameçonnage vocal (ou vishing) : de l’hameçonnage qui se déroule dans une conversation, de vive voix, plutôt que dans une boîte de réception.

Les signalements derrière ces appels sont précis. En 2024, l’Internet Crime Complaint Center (IC3) du FBI a enregistré 357 plaintes pour des arnaques d’urgence et 2,7 millions de dollars de pertes déclarées. Le rapport les décrit comme des arnaques téléphoniques dans lesquelles un proche serait aux prises avec une crise financière ou judiciaire, y compris ce que le FBI appelle les arnaques des grands-parents. En 2025, des victimes ont déclaré des pertes de plus de 5 millions de dollars liées à des arnaques de détresse dans lesquelles le clonage vocal servait à imiter un proche. En 2024, l’appel téléphonique était le moyen de contact dans 19 % des signalements de fraude reçus par la Federal Trade Commission des États-Unis qui précisaient comment la personne avait été jointe. Dans ce même rapport, les cartes-cadeaux et les cartes rechargeables étaient le mode de paiement dans 41 120 signalements de fraude, pour 212 millions de dollars de pertes déclarées. Au Canada, le Centre antifraude du Canada a reçu plus de 112 000 signalements de fraude en 2025, pour plus de 704 millions de dollars de pertes déclarées. Pensez cybersécurité donne les chiffres liés au téléphone pour 2022 : 21 183 signalements de fraude dans lesquels le téléphone était le premier moyen de contact, et 4 734 personnes qui ont dit avoir donné des renseignements personnels à l’appelant.

Nous avons enregistré un court scénario construit sur ce modèle. Une appelante se fait passer pour une petite-fille. Elle a eu un accident de voiture, sa voix sonne bizarre, et elle a besoin d’argent avant que quiconque d’autre soit mis au courant. Les cinq extraits ci-dessous sont des moments de cet appel. Chacun comprend l’audio (en anglais), sa transcription en français, une note sur ce que fait ce moment et un commentaire de David Grandolfo, coordonnateur en sécurité défensive chez Devolutions. Le commentaire de David se trouve dans l’encadré qui suit chaque note.

L’appelante ne dit jamais de nom

Transcription de l’appel (traduite de l’anglais)

Appelante (Emma) : Allô ? Grand-maman ?

Grand-mère : Emma ? C’est toi, ma chérie ? Ça va ?

Appelante (Emma) : Oui, c’est moi, grand-maman ! J’ai eu un accident de voiture. Je vais bien, mais…

Soyez attentif au nom. L’appelante dit « grand-maman » et « c’est moi ». Elle ne dit jamais Emma. C’est la grand-mère qui le dit. Le silence après « Allô, grand-maman ? » est assez long pour qu’une personne inquiète fournisse le nom manquant, et une fois ce nom prononcé, le reste de l’appel peut s’appuyer dessus.

Avez-vous remarqué que l’appelante ne donne jamais de nom ? Ce silence est voulu. L’arnaqueur veut que vous remplissiez le vide. Ne donnez aucune information. Raccrochez, puis appelez votre proche à un numéro que vous connaissez déjà. N’utilisez jamais la fonction de rappel.

La voix sonne bizarre

Transcription de l’appel (traduite de l’anglais)

Appelante (Emma) : Je suis au poste de police. J’ai le nez cassé. C’est pour ça que ma voix est bizarre. Ils disent que c’est de ma faute. Ils veulent une caution, sinon je dois rester ici, grand-maman.

L’excuse arrive dans le même souffle que la demande. Un nez cassé, une voix qui ne correspond pas, puis l’argent. L’explication est là pour que la personne qui écoute mette de côté cette voix étrange et reste dans l’histoire.

Une mauvaise qualité audio est inhabituelle avec les téléphones cellulaires d’aujourd’hui. Ne laissez pas une simple excuse changer votre jugement. Si quelque chose vous semble anormal, faites-vous confiance. Si vous pensez que ce n’est pas la bonne personne, raccrochez.

Pas le temps de réfléchir

Transcription de l’appel (traduite de l’anglais)

Grand-mère : Dis-moi où tu es, ma chérie. Je vais aller te chercher. Je vais payer la caution moi-même.

Appelante (Emma) : Non ! Non, grand-maman, on n’a pas le temps ! Ils me transfèrent ce soir !

La grand-mère propose la chose sensée : elle ira sur place et paiera en personne. L’appelante ne peut pas laisser faire ça. Une vraie rencontre mettrait fin à l’histoire, alors l’appel lance le chronomètre. Ce soir. Pas le temps. La décision doit se prendre avant que quiconque puisse vérifier.

L’urgence est l’un des meilleurs moyens de vous faire paniquer et de vous faire perdre votre jugement. Les arnaqueurs veulent que vous réagissiez avant de pouvoir réfléchir. Respirez profondément. Ralentissez, et demandez de l’aide à quelqu’un en qui vous avez confiance.

Un paiement impossible à retracer

Transcription de l’appel (traduite de l’anglais)

Appelante (Emma) : J’ai besoin de 1 500 $ aujourd’hui. Un homme va passer chez toi pour les ramasser. Ou des cartes-cadeaux. Les cartes-cadeaux, c’est plus rapide.

De l’argent comptant ramassé à la porte, ou des cartes-cadeaux, c’est plus rapide. Dans les deux cas, il est difficile de revenir en arrière une fois que l’argent a quitté la maison. Le montant est précis, l’échéance est aujourd’hui, et le moyen est choisi parce qu’il ne laisse aucun paiement que la banque peut récupérer.

Les paiements impossibles à retracer sont conçus pour faire disparaître l’argent. Depuis quand la police demande-t-elle d’être payée en cartes-cadeaux ? Ça semble évident, mais pas quand on panique. Prenez un moment, ralentissez et fiez-vous à votre instinct.

Gardez le secret

Transcription de l’appel (traduite de l’anglais)

Grand-mère : Euh… Je devrais appeler tes parents.

Appelante (Emma) : Non, non, non, s’il te plaît, grand-maman ! Maman va me tuer ! Fais juste ça pour moi, d’accord ? Je t’expliquerai tout plus tard. Je te le promets. Promets-moi que tu ne le diras à personne. Promets-le-moi !

La grand-mère pense au bon appel à faire ensuite. L’appelante y voit le danger. La supplication est personnelle, et elle est aussi pratique : si un parent, un conjoint ou un ami entend l’histoire, la personne n’est plus seule avec sa peur.

Ah, le secret. L’appelante sait que les parents paniqueraient. Mais le vrai but, c’est de vous isoler. Si vous ne voulez pas appeler les parents, ce n’est pas grave. Parlez-en à votre conjoint, à un ami ou à une autre personne en qui vous avez confiance.

Regardez l’appel au complet

Les extraits sont des morceaux d’une seule conversation. Entre eux, la grand-mère demande aussi si sa petite-fille est blessée, et l’appelante fait avancer l’histoire. Raccrochez, appelez un numéro que vous connaissez déjà et parlez à quelqu’un en qui vous avez confiance avant de payer.